Invincible

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* cette chronique est réalisée à partir des 50 premiers numéros périodiques en VO.

copyright Kirkman / Delcourt Image Comics 2009

Peut-être l’avez-vous remarqué au cours de mes chroniques ici, mais je ne suis pas spécialement fan des « héros en collant » Marvel ou DC. Trop de personnages, trop de rebondissements, trop de « reboot » d’univers, bref, trop de.

Ce qui ne m’empêche pas d’apprécier à leur juste valeur des épisodes un peu plus atypiques, tels que Superman : Red Son ou le Daredevil : Echo de David Mack. Mais cela reste rare. Alors, quand je tombe sur une série comme Invincible, le plaisir est encore plus grand.

Oui, c’est une série de sups en spandex, mais elle a suffisamment d’atouts et d’originalité pour avoir retenu mon attention… et peut-être la vôtre, par la même occasion !

L’accroche est simple : voici Mark Grayson, un adolescent américain comme les autres. La vie ? Le lycée, le job à mi-temps dans un fast-food, les sorties avec les potes. Classique. Moins classique : son père. Caché sous l’identité d’un auteur de romans à succès, il n’est autre que l’un des plus grands super-héros de l’époque, Omni-man. Et en plus, il n’est pas terrien, mais viltrumite, du nom d’une planète fort éloignée de la nôtre. Sa mère, elle, est une femme tout ce qu’il y a de plus normale… enfin, si on peut être normal quand on est l’épouse d’un super-héros extraterrestre !

Les super-héros sont en effet une réalité dans l’univers de Mark, parfois regroupés en confréries, tels les Guardians of the Globe, qui rassemble les plus puissants d’entre eux.

Mark n’a qu’une hâte : que le temps passe. En effet, fils de super-héros, il est très probable qu’il développe lui aussi des superpouvoirs pendant son adolescence. Ouf ! Enfin, un jour, en sortant les poubelles du fast-food, il découvre qu’il est capable de les lancer sur la Lune ou presque. C’est le début de la carrière d’Invincible.

Alors bien sûr, Invincible va passer par toutes les étapes du « de grands pouvoirs découlent de grandes responsabilités » que tout fan de comics connait bien. Il va rencontrer des partenaires, tels Atom Eve, Robot, Dupli-Kate ou Rex Splode, travailler avec une mystérieuse branche du gouvernement, lutter contre des menaces aussi bien locales que cosmiques… et subir de nombreuses révélations, notamment à propos de son père !

Classique, Invincible ? Oui… et non ! Classique oui, dans le sens où on sent l’hommage du scénariste à de nombreuses séries de sups (les Watchmen, les Vengeurs, etc…, les numéros de cross-over avec Spiderman sont excellents) ; et en même temps, ce n’est pas uniquement l’œuvre d’un « fan boy ».

copyright Kirkman – Ottley / Image Comics 2006

Invincible est en effet scénarisé par nul autre que Robert Kirkman, qu’on connait avant tout en France pour sa série à succès The Walking Dead. Robert Kirkman sait manier l’humour, il l’avait déjà prouvé avec Battle Pope, série iconoclaste qui voyait un Pape de combat se bastonner avec les démons tout en picolant et en paillardisant à tour de bras.

L’humour est aussi très présent dans Invincible, mais c’est un humour peut-être un peu plus subtil, entre hommage amusé et franche déconnade. Certains super vilains sont vraiment « trop », alors que d’autres sont bien plus « terribles », et les super-héros ne sont pas en reste. Et au milieu de tout ça, Mark essaie d’assumer son statut de sup’ tout en restant un adolescent « normal » ; pas facile, surtout quand sa petite amie ne sait pas qu’il est Invincible !

Tout cela constitue un excellent divertissement, même si bien sûr l’histoire a parfois quelques petites longueurs. Cependant, cela reste suffisamment rare pour ne pas entacher le plaisir. D’autant que la narration de Robert Kirkman est très bien soutenue par le dessin de Cory Walker jusqu’au numéro 8 (Marvel Zombies, Super Patriote) puis de Ryan Ottley (Haunt) depuis lors.

Bien sûr, la série est aussi publiée en français, directement en recueils, chez Delcourt. Le tome 7 (format rassemblant plusieurs numéros de la version périodique), Mars attaque !, qui doit je pense correspondre aux numéros 36 à 41 de la version périodique. Je ne saurais vous parler de la qualité de traduction, vu que je n’ai lu Invincible qu’en version originale. Mais bon, publié par Delcourt, je ne me fais pas trop de soucis…

En résumé, si vous cherchez une série de super-héros amusante et atypique, intéressante même si vous n’en comprenez pas toutes les références, Invincible pourrait bien retenir votre attention !

Thermae Romae – compte-rendu du film

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copyright Mari Yamazaki / Fuji Television 2012

Il y a de cela quelques semaines, je suis allé au cinéma voir l’adaptation sur grand écran de ce manga dont je vous dis tant de bien depuis le début. Et il semble que je ne sois pas le seul, au vu du nombre d’exemplaires vendus ici au Japon !

Une adaptation de manga au cinéma se heurte toujours à des difficultés, les deux principales étant évidemment le casting et le scénario. Il faut pouvoir faire plaisir aux fans de la série dessinée tout en ne tournant pas le dos à ceux qui ne la connaissent pas.
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De Cape et de Crocs 10

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copyright Ayroles-Masbou / Delcourt 2012

Les meilleures choses ont une fin. Jamais adage n’aura été plus vrai qu’à propos de la série De Cape et de Crocs ! Car oui, ce tome 10 est aussi le dernier des aventures d’Eusèbe, Villalobos, Maupertuis, du raïs Kader et de leurs compagnons de tribulations. Ça méritait bien un coup de projecteur !

Conduire une série à son terme n’est jamais facile, que ce soit en BD ou à la télévision. Les échecs sont nombreux, il n’est pas nécessaire de les rappeler ici. Dissipons dès à présent toute crainte : ce n’est pas le cas de De Cape et de Crocs !

Non, Ayrolles et Masbou ont conçu leur série comme un hommage à Cyrano de Bergerac, à Fanfan la Tulipe, aux Trois Mousquetaires et cet hommage est respecté jusqu’à la dernière case de la dernière page. Sans faire de révélation, sachez que cette fin est logique et totalement appropriée. Quelque part, j’aurais peut-être même été déçu si ça ne s’était pas fini de cette manière !

Alors, ça se termine comment, De Cape et de Crocs ? Pour le savoir, il faudra le lire ! Sachez cependant que toutes les intrigues développées pendant la série trouvent leur conclusion, dont on se doutait pour certaines depuis quelques tomes déjà. Mais ce n’est pas une critique ! C’est le genre littéraire auquel la série rend hommage qui veut ça, et elle le fait fort bien.

C’est un album rempli à ras bord de tout ce qui a fait le charme de cette série : dessins aux petits oignons, dialogues ciselés comme des pièces d’orfèvrerie, action, émotion, humour… Ici, la quantité n’empêche pas la qualité ! Même des personnages secondaires, comme Bombastus ou le caillou acquièrent une dimension supplémentaire.

Alors je pourrais passer des heures, remplir des pages entières à faire l’éloge de De Cape et de Crocs. Mais cela servirait-il à quelque chose ? Non ! Ceux qui suivent déjà la série en connaissent la valeur et seront simplement contents d’apprendre que cet ultime tome ne déparera pas leur collection. Ceux qui ne connaissent pas encore la série, eh bien voilà, maintenant vous savez que la qualité est au rendez-vous tout au long de ces dix tomes et qu’il vous faut, sans attendre, vous jeter dessus !

Certes, c’est un peu triste de laisser partir Villalobos et Maupertuis, mais on peut au moins se consoler en se disant que De Cape et de Crocs fait partie de ces rares séries qu’on relira toujours avec plaisir et dans lesquelles il y a toujours quelque chose qui nous avait échappé à la précédente lecture !

Le point sur l’univers Marvel Ultimate – Saison 2

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En 2000 Marvel lançait un nouvel univers rajeuni et plus en phase avec son siècle destiné, entre autre, à attirer de nouveaux lecteurs. La destinée de l’univers Ultimate était alors confiée aux bons soins de Brian Mickael BENDIS et Mark MILLAR.

Dix ans plus tard et devant la chute la ventes, la Maison des Idées décide un reboot général de l’univers. La purge a lieu dans l’arc Ultimatum de Jeff LOEB et David FINCH. Mais tout cela vous est raconté en détail dans l’article idoine.

Marvel entendait relancer de nouveau cet univers dans une nouvelle saison et sous la nouvelle dénomination d’Ultimate Comics.

On prend les même et on recommence. Encore.

A son apogée, Ultimate comptait quatre séries : Spider-Man, les X-Men, les Fantastic Four et les Ultimates.

Copyright Panini Comics

Ahhh! Un lecteur!

Après le reboot, force est de constater que cet univers a bien maigri puisqu’il ne reste plus que Spider-Man et les Ultimates. Après Ultimatum les FF se sont séparés : Reed RICHARDS est retourné chez ses parents, Ben GRIMM s’est engagé dans l’armée de l’air, Johnny STORM a trouvé un toit chez Tante May et fait désormais équipe avec Spider-Man et Iceberg et Jane essaye de reconstruire sa vie dans l’immense Baxter Building.

On retrouve cependant les FF dans une histoire hors série de Spider-Man en trois parties : Ultimate Ennemy ((Mars 2010 à juillet 2010)), Ultimate Mystery ((Septembre 2010 à Décembre 2010)) et Ultimate Doom ((Février 2011 à mai 2011)). Cette histoire a été publiée dans les fascicules Ultimate Spider-Man Hors série respectivement de octobre 2010, avril 2011 et septembre 2011. Tout commence par des attaques extra terrestres ciblées sur le baxter-building, la maison des parents de Reed RICHARDS ou encore celle de Tante May.  Spider-Man, associé à Nick Fury et ses Ultimates, Captain MArr-Vell et au reste des FF, va essayer de découvrir qui se cache derrière ces attaques.

Quant aux X-Men, ils ont tous ou presque été tués. Difficile dès lors de lancer une nouvelle série sauf à trouver de nouvelles têtes. Ce que vont tenter Jeph LOEB et Arthur ADAMS avec la série Ultimate X dans laquelle Jean GREY, désormais brune et se faisant appeler Karen, tente de rassembler quelques mutants pour monter une nouvelle équipe. Après avoir trouvé un démon ailé et … le fils de Wolverine, elle réussi à convaincre David BANNER de se joindre à eux pour contrecarrer les plans de la nouvelle Confrérie. Brouillonne et parfois puérile (le nouveau Wolverine transforme ses os en adamantium par sa simple volonté …), la série n’a pas trouvé son public a été stoppée au bout de cinq épisodes seulement. Les curieux peuvent les trouver dans Ultimate X Origins #1 à #5, avril 2010 à août 2011, publié en France dans le hors série Ultimate Avengers Hors série #4 de février 2012. Il faudra attendre les tous derniers épisodes de l’ère 2 pour avoir une vraie annonce de relance de la série… pour la saison 3 (voir plus loin, Ultimate Fall Out).

Reste donc deux séries pour alimenter le nouvel univers Ultimate : Spider-Man et les Ultimates.

Ultimate Spider-Man, la qualité dans la continuité. Et inversement.

Copyright Panini Comics

Spidey a les yeux plus gros que le ventre

Présent depuis le tout premier épisode, BENDIS reste sur la V2 du Tisseur. Car le scénariste a un plan. Mais les pinceaux changent de main : Stuart IMMONEN (Superman Identité Secrète, Starman, quelques passages sur Ultimate X-Men, Ultimate FF, …) qui avait remplacé Mark BAGLEY au #111, passe les crayons à David LAFUENTE (X-Men Divided we stand, The Runaways,…). Mark BAGLEY revient toutefois sur les derniers épisodes. Puisque c’est lui qui a donné naissance au Tisseur, il apparaissait normal que ce soit lui qui mette en scène  sa mort.

Car en effet, la saison 2 a été marquée par la mort très médiatisée de Spider-Man. Toute la presse, généraliste comme spécialisée, s’était faite l’écho de cet évènement, en oubliant de préciser qu’il s’agit de la version Ultimate et non du Spider-Man classique.

Cette mort était planifiée de longue date par le scénariste (BENDIS a l’habitude de préparer ses coups longtemps à l’avance), ce qui ne l’a pas empêcher de pleurer à chaudes larmes en écrivant les derniers instants de Peter Parker ((BENDIS a raconté cette anecdote dans de nombreuses interviews)).

Compte tenu de la durée de cette saison, Ultimate Spider-Man V2 compte assez peu d’épisodes (à peine une vingtaine de numéros) mais BENDIS assure le spectacle. C’est ainsi que PARKER voit débarquer chez Tante MAY des ados à pouvoirs (Iceberg et La Torche), sa vie sentimentale est bouleversée, il se découvre un joli clone et sa vie privée est menacée par un vilain. Bref, la série assure jusqu’à son dénouement tragique.

New Avengers, New Ultimates, les deux font la paire.

Dès les premiers numéros d’Ultimates, Mark MILLAR avait créée deux équipes : une médiatisée placée sous les feux de la rampe et une clandestine chargée de traiter les problèmes que public n’a pas à connaitre. L’arrivée de Jeph LOEB sur Ultimate 3 et l’évènement Ultimatum avait mis fin à cette dualité. Le retour de MILLAR aux commandes lui permet à nouveau de faire joujou avec mauvais garçons de l’équipe clandestine.

Copyright Panini Comics

Hawk-Eye, le Faucon masqué

Le reboot des Ultimate est ainsi réparti sur deux séries parallèles : les New Avengers dirigés par Nick FURY et les New Ultimates, l’équipe officielle placée sous les ordres de Carol DANVERS.

Si New Avengers est écrit par MILLAR, chaque arche narrative a été confiée à un dessinateur différent : Carlos PACHECO sur The next Generation ((Ultimate Comics Avengers #1 à #6)), Lenil Francis Yu pour Crime and Punishment ((Ultimate Comics Avengers 2 #1 à #6)) et enfin Steve DILLON sur Blade vs The Avengers ((Ultimate Comics Avengers 3 #1 à #6)). Ces épisodes ont tous été publiés en kiosque dans le mensuel Ultimate Avengers de mai 2010 à septembre 2011.

Pour les New Ultimates, l’unique histoire, Thor Reborn ((Ultimate Comics New Ultimates #1 à #5 de Mars 2010 à Février 2011)), est scénarisée par LOEB et mise en image par un Franck CHO. L’histoire est l’occasion pour LOEB de faire revenir les Défenseurs, aperçus dans Ultimates 1 mais désormais nantis de pouvoirs et de ressusciter Thor.

Évidemment, les deux séries ne pouvaient pas continuer à s’ignorer éternellement. Et quand on dispose de deux équipes de supers surpuissants, quoi de plus logique que de les faire s’affronter ? Le choc a lieu dans Avengers vs New Ultimates ((Ultimate Comics : Avengers vs New Ultimates #1 à #6, publié en France dans Ultimate Avengers de novembre 2011 à mars 2012)), sous la plume acérée de MILLAR et les dessins énergiques de Lenil Francis YU.

Au-delà du clash (jouissif) des titans, Avengers vs New Ultimates sert surtout de prélude au grand évènement de la saison : la mort de Spider-Man. En effet, au plus fort des combats entre les deux équipes, Spider-Man se jette devant la balle que le Punisher destinait à Captain America. Il trouve néanmoins la force de repartir au combat pour protéger sa tante et ses amis du Bouffon Vert. Mais sérieusement blessé, il est achevé par le psychotique et meurt dans les bras de sa chère Mary-Jane.

Ultimate Fall Out, la transition vers la nouvelle nouvelle ère.

Présentée comme un hors série Spider-Man, il s’agit en fait d’une série fourre-tout de 6 épisodes centrée sur l’enterrement de Spider-Man et prenant comme trame de fond les 6 phases du deuil (le déni, la colère, la culpabilité, le marchandage, la tristesse et l’acceptation).

Copyright Marvel

Le redémarrage des X-Men ne lui fait ni chaud ni froid.

Ultimate Fallout sert surtout de transition vers l’Ere 3. Les épisodes sont certes scénarisés par BENDIS mais il a été assisté par les auteurs des trois futures séries de l’Ere 3 afin que chacun puisse poser les bases de son histoire.

La série comporte assez peu d’action, pas mal d’émotion et se révèle au final d’une qualité générale inégale, notamment à cause des dessins lisses et laids d’Esad RIBIC prévu sur les nouveaux Ultimates. Son intérêt reste donc limité à  l’annonce des futures intrigues.

Pour les X-Men, Nick SPENCER annonce la réorganisation d’une nouvelle équipe autours de Kitty Pride, Johnny Storm et Iceberg dans les égouts des Morlocks, une prophétie apocalyptique façon Days of Future Past et présente le nouveau vilain.

Pour les Ultimates, Nick FURY va devoir faire face à une réduction budgétaire conséquente et la démission de Captain America. Heureusement pour lui, Hulk est de retour dans l’équipe et qui plus est sous contrôle.

Quant à Spider-Man, BENDIS va se charger d’écrire la destinée du nouveau héros dans son nouveau costume pour lequel tout reste à raconter : origines, pouvoirs, environnement, etc… Comme vous le savez sûrement, ce nouveau Spider-Man a fait son petit effet dans les médias puisqu’il est … noir. Afro-portoricain pour être exact. Alors certes, ce n’est pas le premier super héros noir chez Marvel ni même le premier Spider-Man non blanc (souvenez vous de Miguel O’Hara, le Spider-Man 2099) mais l’apparition de ce nouveau personnage a eu son petit effet à l’heure où Barack OBAMA siège à la Maison Blanche. Passé l’effet de surprise, il reste à voir ce que vaut cette série sur la durée, même si les premiers retours américains sont plutôt bons pour le moment.

 « Bon, c’est bien beau tout ça, mais quoi qu’on lit dans tout ça ? » piaffe le lecteur impatient.

Deux séries seulement, une saison courte et donc peu d’épisodes et peu de hors série. Avec cette deuxième saison l’univers Ultimate s’est clairement appauvri.

Le fait que BENDIS reste sur Spider-Man permet de maintenir la qualité dans la continuité, et inversement. La série conserve sa fraicheur et sa légèreté grâce aux dialogues de BENDIS et aux dessins énergiques et cartoony de David LAFUENTE. Personnellement, j’adore ses personnages aux grands yeux.

Copyright Marvel

Je te tiens, tu me tiens par la barbichette

Pour ceux qui prendraient le train en marche et souhaitent lire une bonne histoire du jeune Spidey sans se fader la centaine d’épisodes existants, on conseillera la trilogie Ultimate Ennemy/Mystery/Doom. Courte, jolie et bien écrite, elle aligne des séquences d’action enlevées, invite des personnages secondaires sympathiques et s’achève sur une véritable surprise quant à l’identité du vilain. C’est aussi l’occasion d’apprécier les belles images et la mise en scène dynamique de Rafa SANDOVAL.

Pour les Ultimates, enfin les Ultimate Avengers, les deux premiers arcs sont assez bons, bien que sans réelle surprise. MILLAR rend un travail correct mais loin de la qualité de ses Ultimates 1 et 2. Le scénariste écossais revient ici à ce qui faisait l’originalité du monde Ultimate : des personnages inédits basés sur ceux du marvelverse classique. Il s’amuse  donc avec l’équipe clandestine de Fury et ses nouvelles têtes : un nouvelle Veuve Noire divorcée du patron borgne, un Œil du Faucon qui tire plus sur le Grifter des Wild Cat’s que sur l’amant niaiseux de Mocking Bird et un Hulk noir que le scénariste voulait placer depuis un moment.

La troisième partie, Blade vs The Avengers, est par contre une calamité, un ratage impensable au regard du talent de MILLAR : histoire puérile, personnages misérables, découpage incompréhensible. Et les dessins de Steve DILLON finissent de ruiner ce fiasco. C’est tout simplement affreux. MILLAR glisse quand même un hommage à l’Homme sans Peur de Frank MILLER (en donnant un accent écossais à son Stick) ainsi qu’une attaque en règle contre Twilight le film  plutôt amusante.

Heureusement l’écossais se rattrape avec son New Ultimates vs The Avengers dans lequel il oppose les équipes de FURY et DANVERS sur fond d’espionnage : quelqu’un s’amuse à vendre de l’ADN de supers aux chinois et chacun des leaders est persuadé que l’autre est le coupable. L’histoire est réellement bonne, alignant les séquences mémorables et les idées surprenantes, portée par les dessins nerveux et taillés à la serpe de Lenil Francis YU. Jugez plutôt : au-delà du clash jouissif des deux équipes, on a droit à un Nick FURY façon gagsta, un Hulk noir déchainé (dont l’identité est enfin dévoilée), des retournements de situations surprenants et une réflexion mordante sur la politique américaine d’ingérence dans les affaires des autres Etats. Il s’agit là d’une vraie bonne surprise et de loin du meilleur arc de la saison. Cette histoire marque aussi et surtout le retour du MILLAR acerbe et engagé qu’on aime tant.

Copyright Marvel

Cheri, ça va couper.

Du côté des New Ultimate, la seule série disponible signée LOEB et CHO (le spécialiste des femmes pulpeuses) est agréable mais dispensable du fait d’un scénario basique et futile : New York est envahi par des orcs venus d’Asgard sous le commandement de Loki. Seul Thor pourrait renverser la situation mais il est coincé au Valhalla depuis qu’il a prit la place de Captain America ((dans Ultimatum)).  Pas aussi mauvais que Blade vs The Ultimate, mais largement dispensable. D’autant que Frank CHO est loin d’avoir rendu son meilleur travail.

Concernant les hors séries, le lecteur avide de nouveauté aura peu de choix. Il existe en tout et pour tout trois spéciaux consacrés aux têtes d’affiche : un excellent Iron Man Armor Wars par ELLIS et Steve Kurth ((Ultimate Armor Wars #1 à #4 de novembre 2009 à février 2010, publié dans Ultimates Hors série 11 d’avril 2010, peu après la fin de Ultimatum)), un rafraichissant Thor par Jonathan HICKMAN et Carlos PACHECO ((Ultimate Thor de décembre 2010, en France dans Ultimate Avengers Hors série 1 d’avril 2011)) et un très bon Captain America par Jason AARON et Ron GARNEY ((Ultimate Captain America #1 à #4 de mars à juin 2011 publié en France dans Ultimate Avengers Hors série de juillet 2011)). Cette histoire mérite d’être soulignée puisqu’elle introduit la version ultimate de Nuke, le personnage mémorable créée par Frank MILLER et David MAZUCHELLI dans leur chef d’œuvre Daredevil Renaissance. Comme toujours, ces hors série ne nécessitent pas d’avoir lu les séries mères pour être compris et appréciés.

Panini France a publié en kiosque en mars 2012 Ultimate Fallout dans le hors-série Spider-Man 4 et annonce la publication de la saison 3 dans un mensuel unique, Ultimate Universe, comprenant les trois séries de ce nouveau redémarrage. Ultimate Comics Spider-Man est scénarisé par BENDIS et mis en image par Sara PICHELLI (The Runaways), Ulltimate Comics X-Men est écrit par Nick Spencer (T.H.U.N.D.E.R. Agents, Secret Avengers) et dessiné par Paco MEDINA (New X-Men, Deadpool) et Carlo BARBERI (Deadpool ). Quant aux Ultimate Comics Ultimates, leur nouvelle destinée a été confiée à Jonathan HICKMAN et Esad RIBIC. Les lecteurs anglophones les plus impatients peuvent d’ores et déjà se procurer les premiers recueils de ces séries auprès des boutiques spécialisées. Pour les lecteurs français, le début des hostilités est prévu le 15 mai 2012 dans les kiosques.

Cosmik Roger

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Copyright Julien/CDM – Audie / 2002

Le futur… lointain. Le gouvernement terrien est bien ennuyé, 45 milliards d’humains ça commence à devenir totalement ingérable ! Seule solution, envoyer un valeureux astronaute découvrir dans les froides immensités spatiales une planète qui pourra être colonisée.

Mais voilà : le valeureux astronaute en question, c’est Roger. Et quand on voit l’engin, on se dit que l’humanité est mal barrée ! Lâche, veule, mythomane, alcoolique, mal éduqué et surtout capable de se mettre dans les pires situations avec la régularité d’une horloge atomique, il a fière allure, l’envoyé terrien !

Parce que oui, vous vous en doutez certainement, l’univers est déjà bien peuplé et trouver une planète libre et correspondant aux critères établis ne va pas être une mince affaire. A tel point d’ailleurs que Roger préfère souvent passer son temps au bar du « Rendez-vous des anneaux » avec ses potes arsouilles des quatre coins de la galaxie…

Roger, c’est la version cradingue et malpolie du talentueux Valérian, la référence est claire. Même la pulpeuse Irina rappelle Laureline, avec qui elle partage d’ailleurs l’intelligence et les courbes corporelles… En fait, Cosmik Roger, c’est Valérian mélangé à « Affreux, sales et méchants ». Du coup, quand Julien et MO/CDM brodent leur propre version des aventures galactiques du terrien en mission, ce n’est pas triste !

Copyright Julien et MO/CDM – Audie / 2006

Certes, on aurait pu craindre que ce type d’humour, passé le tome 1, tombe dans la facilité et le redondant. Et pourtant les auteurs parviennent avec brio à éviter cet écueil. Au fil des tomes, malgré le comportement navrant de Roger, on en apprend plus sur ses origines, pourquoi il ne parvient pas à trouver de planète habitable, etc., tout en conservant le caractère navrant de Roger et de ses péripéties intergalactiques.

Dans la droite ligne du tout meilleur de la production du magazine Fluide Glacial, Cosmik Roger est une excellente lecture pour tous ceux que le cocktail S-F/humour déjanté réjouit d’avance ! Et comme en plus il existe une intégrale des aventures du plus navrant des spationautes, pourquoi se priver ?

Seuls

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Copyright Vehlmann- Gazzotti / Dupuis 2006

Imaginez : vous vous réveillez un beau matin pour découvrir qu’autour de vous, tout le monde a disparu ! Pourtant, la veille tout était normal, un banal soir d’été bien qu’un peu chaud, peut-être… Bref, c’est le choc. Et quand en plus, vous êtes un enfant, le choc est encore plus grand.

C’est pourtant ce qui vient de se passer à Fortville, banale petite cité française. Et Dodji erre de par les rues. Certes, il semble plus étonné qu’effrayé, mais il est tout de même heureux de tomber sur Leïla et Terry au coin d’une rue. Au moins certains ont été épargnés par « l’évènement » ! Par la suite ils vont d’ailleurs rencontrer Camille, puis Yvan, dans le même cas qu’eux.

Mais cinq « rescapés », ça ne fait pas beaucoup, et surtout, ça n’apporte aucune explication sur ce qui s’est passé. Pourquoi tout le monde a disparu ? Pourquoi les seuls survivants jusque-là sont des enfants ? Et pourquoi seulement ces cinq-là ? Quand est-ce que les secours vont arriver ? D’autant que si les humains ont disparu, les cinq ne sont pas seuls dans la ville : outre les chiens et autres animaux de compagnie, un certain nombre d’animaux se sont échappés d’un cirque de passage. Quand vous tombez nez-à-nez avec un tigre dans le jardin, ça surprend…

Il va donc falloir survivre, maintenant. Heureusement, l’électricité fonctionne toujours, comme tous les autres appareils d’ailleurs. Et nos cinq compères ne sont pas sans ressources. Si Dodji est incontestablement le plus hardi, Leïla est une bricoleuse hors pair, Camille et Yvan des têtes bien faites et Terry… bon, Terry il a 5 ans, c’est déjà pas mal ! En définitive, cela fait tout à fait penser au célèbre « Club de Cinq » de notre enfance. Et les cinq amis auront bien besoin de leurs talents respectifs, car ils ne sont peut-être pas tout à fait aussi seuls qu’ils le pensaient…

Copyright Vehlmann- Gazzotti / Dupuis 2008

Et c’est précisément là que je ne peux plus vous parler du scénario de Seuls, au risque de vous gâcher le plaisir de la découverte. Car du plaisir, il y en a à revendre. Fabien Vehlmann (Green Manor, le Marquis d’Anaon, etc.) livre ici un scénario  bien ficelé, qui distille ses révélations, retournements de situation et coups de théâtre à très bon escient.  La tension est palpable à chaque page et pourtant, jamais il ne perd de vue qu’il met en scène des enfants, aux réactions forcément différentes de celles des adultes. On va de surprise en surprise au fil des tomes, sans jamais sacrifier à la cohérence de l’ensemble, tout en creusant vraiment la psychologie des personnages.

Quelque part, l’ambiance fait tout à fait penser au roman Sa majesté des Mouches, de William Golding, pour ces enfants livrés à eux-mêmes et forcés finalement de réinventer tant bien que mal une société vivable.

Pour épauler Fabien Vehlmann, on retrouve Bruno Gazzotti (Soda). Le choix s’avère payant, Gazzotti étant particulièrement friand des récits semi-réalistes. On a donc une parfaite alliance entre la forme et le fond, avec un trait qui sert parfaitement le propos. Un régal !

Seuls est qualifié de série « pour enfants ». Je nuancerais cela, en disant que c’est une série pour adolescents et plus. Il s’agit tout de même ici d’un vrai thriller, et même d’un thriller fantastique au fur et à mesure que se développe le scénario, avec son lot de morts, même si les protagonistes sont des enfants. De fait, si les adolescents sont sans doute la « cible » de l’œuvre, les adultes peuvent la lire sans aucun déplaisir, bien au contraire. Alors, si vous avez de 13 à 113 ans, n’hésitez pas !

Thermae Romae – le film

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Thermae Romae, dont on vous a parlé ici, continue son bonhomme de chemin avec la parution du tome 4. Et le succès semble être au rendez-vous, puisque pas moins de trois éditions différentes de ce volume sont au programme ! Outre la version normale, vous pouvez (enfin, vous auriez pu si vous aviez été assez rapide…) acquérir une version collector comportant un petit pendentif du symbole phallique apparaissant dans le tome 2… Ou encore, vous pouvez vous porter acquéreur d’une version imperméable, idéale pour lire tout en prenant son bain ! C’est raccord avec le thème, ils pensent à tout…
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Zombillénium

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Copyright A. de Pins / Dupuis 2010

Ne niez pas : vous connaissez sans doute Arthur de Pins et sa série des « Péchés mignons » (Fluide Glacial), hein, bande de coquines et de coquins !! Bah, avouez, y a rien de mal à ça, surtout que ces péchés, non contents d’être sexys en diable, sont aussi hilarants.

Mais connaissez-vous la facette « narration » d’Arthur de Pins ? Non ? Alors voilà une excellente occasion de vous rattraper, avec sa série « Zombillénium » !

Zombillénium, c’est d’abord le nom d’un parc d’attractions sur le thème des monstres et de l’épouvante. Fantômes, zombies, momies, démons déments et squelettes en goguette à tous les étages ! Situé en pleine cambrousse, c’est l’attraction du coin. Ce que les visiteurs et les habitants du coin ne savent pas, par contre… c’est qu’il n’y a aucun trucage dans ce parc ! Les monstres sont de vrais monstres.  Mais voilà, ils sont là pour le business, pas pour se repaître des humains normaux. Les temps ont bien changé, depuis les chasses aux sorcières du Moyen Âge…

Et cela, Aurélien Zahner va le découvrir « à son corps défendant » : déprimé par le fait que sa femme le trompe, il décide d’attaquer un bistrot. Pas de bol : c’est le bistro que Gretchen, jeune sorcière stagiaire au parc, a choisi pour acheter ses cigarettes ! Coup de bol, elle va alors gentiment neutraliser Aurélien et le convaincre de rentrer chez lui sans faire de vagues. Pas de bol, si Aurélien repart, il ne fait pas attention en traversant la rue et se fait renverser par une voiture ! Raide mort, Aurélien ! Coup de bol : dans la voiture, trois employés du parc : Aton la momie, Sirius le squelette et Francis le vampire ; ce dernier va mordre Aurélien et le ramener à la vie.

Copyright A. de Pins / Dupuis 2011

Pas de bol : ce faisant, Aurélien sait que Zombillénium est « vrai » et est embauché d’office dans le parc. Contrat à durée indéterminée et non révocable, cela va sans dire… Et il n’est pas au bout de ses surprises ! Que je ne révèlerai bien sûr pas ici.

Zombillénium est l’occasion pour Arthur de Pins de montrer à ceux qui l’ignoraient qu’il SAIT raconter une histoire suivie et dessiner autre chose que des bimbos et des beaux mecs (même si, certes, Aurélien ressemble plus à Brad Pitt qu’à Sim). Les personnages, principaux et secondaires, sont fouillés et crédibles (un comble pour des monstres !) et la plupart ont une personnalité attachante. L’histoire promet également son lot de rebondissements, vu que les choses s’accélèrent dès le deuxième tome.

Arthur de Pins en profite également pour truffer son récit de clins d’oeil à des séries, des films, des œuvres littéraires, etc… Tout cela est fait de manière très judicieuse, n’alourdissant jamais le rythme du récit. Mais on se prend souvent à revenir en arrière, ou à relire l’album en se disant « mais attends, là, je connais ça ! ». Bref, Arthur de Pins brasse du Monstres & Cie, du Harry Potter, l’Exorciste, Michaël Jackson et je pense bien même avoir vu l’éternel Marcel Gotlib, mais je ne vous dirai évidemment pas où !

Alors oui, Zombillénium est une BD très attachante, qu’on relit de multiples fois rien que pour le plaisir. Et ça, c’est bien un gage de qualité !

Cité 14

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copyright Gabus-Reutimann / Paquet 2007

En un an, entre avril 2007 et avril 2008, Gabus et Reutimann avaient lancé chez Paquet un pari nommé Cité 14 : 12 tomes (pour 12 mois) d’une histoire cohérente, vendus chacun au prix dérisoire d’un euro. Évidemment, chaque tome était un petit format (genre B5) et ne comportait qu’une vingtaine de planches.

Le pari était audacieux tant l’œuvre différait sur la forme des standards de la BD classique. Mais pari réussi, car au-delà de la forme, le fond est solide. Dans un monde pas si éloigné que cela du nôtre, humains et animaux anthropomorphes cohabitent avec des extra-terrestres. Il y a même un super-héros, Tigerman. Oui, bon, ok, ce monde est quand même assez éloigné du nôtre !

Mais les parallèles sont légion. On suit ainsi l’arrivée à Cité 14, qui n’est pas sans rappeler la New York du début du XXe siècle, d’un immigré rapidement rebaptisé Michel Elizondo par les douaniers qui ne parviennent pas à prononcer son nom. Mais voilà, le lecteur sait d’emblée que Michel a « fait l’idiot » lors de son entée sur le territoire et qu’il cache pas mal de choses.

Il ne va d’ailleurs pas avoir de répit : alors qu’il la joue discret, il fait tomber de sa poche un sac de graines sous les yeux d’un douanier, qui lui indique qu’il va devoir le confisquer, l’importation en étant interdite. Michel voit alors rouge, rue dans les brancards et s’échappe dans la ville. Mais il tombe de Charybde en Scylla, puisqu’il déboule en plein milieu d’un rendez-vous mafieux, photographié par un journaliste en planque, Mac Keagh. Bref, on aurait pu rêver une entrée plus discrète… Toujours est-il que ce n’est que le début des aventures de Michel dans la Cité 14, où chacun tente de creuser son trou, entre les extra-terrestres, la mafia et les élites corrompues jusqu’à la moelle… Oui, Cité 14 lorgne franchement vers le thriller, et il le fait bien ! Il regorge de personnages attachants, parfois répugnants, mais toujours bien construits et crédibles.

 

copyright Gabus-Reutimann / Paquet 2011

Il est clair que Gabus et Reutimann ont tenté de retrouver l’esprit des pulps américains d’après-guerre, jusqu’à la qualité du papier. Et il faut reconnaitre que l’essai est transformé : chaque tome, forcément court, tient en haleine et laisse pourtant le temps aux auteurs de camper leurs personnages et de détailler le décor de cette intrigante Cité 14. On se prend au jeu et on suit les aventures de Michel et de Mac Keagh avec un intérêt grandissant. Le dessin est d’ailleurs tout à fait à la hauteur du scénario, les auteurs sachant donner vie aux animaux anthropomorphisés aussi bien que dans Blacksad et ce n’est pas rien !

Pourquoi vous parler de Cité 14 maintenant, alors que cette édition en 12 volumes est depuis longtemps introuvable ? Pour plusieurs raisons. Tout d’abord, ces 12 volumes étaient sous-titrés « saison 1 » et puis à la fin du 12e volume… plus rien ! On se demandait donc si et quand une saison 2 verrait le jour. Eh bien joie ! Car non seulement Paquet Les Humanoïdes Associés, qui ont récupéré la série, ont fini la réédition de la saison 1 dans un format plus grand (qui regroupe à chaque fois 3 volumes de la série d’origine) et sur un meilleur papier, mais en plus les deux premiers tomes de la saison 2 sont maintenant disponibles dans toutes les bonnes librairies spécialisées (et ailleurs aussi) ! (Merci à Morgan pour la correction sur l’éditeur 😉 )

Cette fois, les auteurs ont changé leur fusil d’épaule puisque ce seront 6 et non plus 12 tomes qui paraitront, au rythme d’un tous les deux mois. Ce sont donc des volumes plus épais à chaque fois, mais évidemment à un prix redevenu « classique ». Si vous avez raté la saison 1, vous pouvez maintenant réparer cette erreur. Pour ma part, j’attends avec impatience de pouvoir mettre la main sur cette nouvelle saison !

Okko

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Copyright Hub / Delcourt - 2005

A l’occasion d’une chronique (déjà ancienne) sur Usagi Yojimbo, j’avais en passant évoqué la BD Okko, de Hub. Je comptais bien vous en faire la chronique. Et puis, et puis… le temps passe, les chroniques s’accumulent et on remet toujours au surlendemain ce qu’on devrait faire l’avant-veille, vous connaissez le topo.

Mais pour Okko, c’est une vraie injustice, tant cette œuvre mérite qu’on s’y attache. Et puisque je viens de terminer la lecture du 3e cycle de cette fresque, quel meilleur moment que maintenant pour mettre à exécution mon projet ? Allez, hop, je me lance.

Oui, je me lance, le mot n’est pas trop fort. Okko est en effet une œuvre vaste, qu’il faut savoir décrypter. Tout d’abord, le décor : Hub a pris le parti de camper son histoire dans un univers qui ressemble à s’y méprendre au Japon shogunal : samourais, daimyos, geishas, ronins, moines s’y croisent. Mais Hub n’a pas voulu s’enfermer dans un cadre historique contraignant : il n’y a donc aucune référence géographique réaliste, c’est comme si ce monde n’était en définitive qu’un « écho » du Japon réel, dont il se serait éloigné sur bien des points. Bienvenue donc dans l’Empire du Pajan !

Oui, car en plus des éléments cités ci-dessus, on croise également dans le monde d’Okko des monstres, de la magie et des technologies surprenantes. Certains guerriers utilisent ainsi de véritables armures exosquelettes appelées « bunraku » (qui en « vrai » japonais, veut dire « théâtre de marionnettes ») mues par des sortes de vers à soie et manipulées de l’intérieur par un système de cordes et de poulies. Okko, c’est donc l’alliance du Japon médiéval traditionnel et d’un côté indéniablement « steampunk ». Le cocktail se révèle d’une richesse insoupçonnée sous la direction éclairée de Hub.

Mais en définitive, Okko, qu’est-ce que c’est ? C’est le nom d’un ronin, un samourai déchu, donc, qui parcourt les terres de ce monde en effectuant des contrats. Il est accompagné dans ses errances de Noburo, étrange homme fort comme un bœuf et qui ne quitte jamais son masque de kabuki, et de Noshin, prêtre alcoolique et jouisseur.

Copyright Hub / Delcourt - 2007

Au détour d’une auberge, où Noshin et Noburo attendent le retour de leur maître Okko, le petit groupe va s’agrandir en la personne de Tikku, frère de la geisha Petite Carpe, geisha préférée de Noburo d’ailleurs. Soudain, le relais est attaqué par des mercenaires, accompagnés d’un bunraku, qui enlèvent toutes les geishas, malgré l’opposition de Noburo.

A son retour, Okko découvre donc le relais brûlé et Noburo blessé. Quant à Noshin, couard comme il est, il n’a évidemment rien. Okko décide alors que tout cela ne le concerne pas et de poursuivre son chemin. C’est alors que Tikku se jette à ses pieds en l’implorant de partir à la recherche de sa sœur. N’ayant pas d’argent pour se payer les services d’Okko, il se propose alors de devenir son esclave. Okko cède et lui accorde alors 10 jours de recherches : si au-delà, aucune piste n’est découverte, le contrat sera alors nul. Ce n’est bien sûr que le début des aventures de Tikku auprès d’Okko. Après tout, il a juré d’entrer au service du ronin, même si ce dernier l’a confié à Noshin, pour son éducation.

Sur le plan visuel, Okko est tout bonnement somptueux : le train de Hub est maitrisé à la perfection, aussi bien dans les scènes d’action, aussi dynamiques qu’un film, que dans les scènes plus contemplatives. Il sait aussi bien dessiner un ronin affrontant un démon qu’un paysage maritime lors d’un coucher de soleil. Il faut dire que la colorisation magnifie encore un peu plus l’ensemble, apportant une ambiance absolument poignante. C’est donc un régal visuel que je ne peux m’empêcher de comparer, quoi que dans un tout autre style bien sûr, à la saga De Cape et de Crocs. C’est dire si le niveau est haut !

Copyright Hub / Delcourt - 2009

Mais vous savez bien qu’un dessin aussi beau soit-il ne pallie que difficilement l’absence d’un bon scénario. Rassurez-vous, sur ce plan là également, Hub fait plus qu’être à la hauteur.  Il faut dire qu’il a choisi une astuce narrative qui se révèle être une idée formidable : il a divisé les aventures de son ronin en cycles de deux tomes, chacun basé sur une énergie élémentaire (eau, terre, etc…). De fait, ces cycles constituent des histoires complètes et on peut à la rigueur ne pas avoir lu le premier cycle avant de lire le second.

La conséquence est qu’Hub peut ainsi concentrer sa narration sur deux tomes à chaque fois, ce qui lui laisse assez de temps pour développer son histoire et ses protagonistes tout en ayant un cadre suffisamment contraignant pour que son scénario ne parte pas dans des directions incontrôlables. On a donc à chaque fois affaire à un scénario maitrisé de bout en bout, nerveux et rythmé. Rien de mieux pour accrocher tout de suite le lecteur !

Cependant, si ces histoires sont closes en deux volumes, il reste bien sûr préférable de lire les cycles dans l’ordre. En effet, si le premier cycle, en plus d’avoir un vrai scénario, présente les protagonistes, leurs histoires personnelles ne cessent d’être développées dans les cycles suivants. Et je peux vous dire que là aussi, il y a matière à rebondissement !

Bref, difficile de passer à côté d’Okko quand on aime la BD. Si vous ne connaissez pas encore cette série, ruez-vous dessus, le 3e cycle vient tout juste de se terminer et les choses prennent un tour vraiment dramatique, avec l’ouverture du cycle du feu, dont le premier tome est paru mi-octobre !